Comment Ann s’est préparée à sa chirurgie et à son rétablissement

Depuis son traitement, Ann Mitchell a plus d’énergie au golf.

Quand Ann Mitchell a appris qu’elle avait besoin d’une chirurgie à cœur ouvert pour remplacer sa valve aortique, ce n’était pas une surprise. Des années plus tôt, l’infirmière retraitée de 63 ans s’était vu diagnostiquer une rare quadricuspidie de la valve aortique – à quatre feuillets au lieu des trois habituels.

Dès lors, Ann passait une échocardiographie tous les deux ans pour vérifier le fonctionnement de sa valve. Puis, pendant un voyage de randonnée en Nouvelle-Zélande, en 2024, elle a constaté que son essoufflement la ralentissait beaucoup. À son retour, une échocardiographie a révélé une régurgitation sévère; sa valve s’était détériorée. On lui a recommandé une chirurgie pour la remplacer.

Après avoir rencontré son chirurgien et discuté des options de traitement, Ann a choisi une valve de remplacement tissulaire. Elle ne voulait pas avoir à prendre l’anticoagulant nécessaire au port d’une valve mécanique. Son opération était prévue trois mois plus tard. En attendant, elle a fait tout ce qu’elle pouvait pour s’y préparer.

Ann a partagé son histoire avec Une voix aux maladies valvulaires Canada.

Comment vous êtes-vous préparée à votre chirurgie valvulaire?

Je savais que j’allais devoir limiter l’usage de mes bras pendant un ou deux mois, le temps que mon sternum guérisse. Alors, j’ai décidé de développer et renforcer les muscles de mes jambes, sachant qu’ils seraient très utiles pour me lever d’une chaise ou du lit.

J’ai la chance d’avoir un centre récréatif à seulement 10 minutes à pied de ma maison à Ottawa. J’y suis allée pendant trois mois pour profiter des appareils de musculation, que j’ai appris à utiliser correctement lors d’une séance personnelle d’entraînement.

Qu’avez-vous fait d’autre?

On ne sait pas comment on va se sentir après une opération. Donc, c’est important d’avoir un bon soutien. J’ai recruté trois bonnes amies — toutes infirmières — pour m’aider à la maison parce que je suis célibataire et que je vis seule. De plus, quelqu’un de ma famille m’a proposé de séjourner chez moi la ou les premières semaines de ma convalescence, selon mes besoins.

Quel soutien avez-vous reçu de votre équipe médicale en attendant la chirurgie?

Presque chaque semaine, je recevais un texto de la clinique valvulaire de l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa. Ça me demandait quels étaient mes symptômes et si quelque chose avait changé.

Je n’ai rien eu à signaler jusqu’à environ un mois avant ma chirurgie : j’ai commencé à m’essouffler en montant mon escalier. Après ça, l’équipe s’est mise à communiquer plus fréquemment avec moi, ce qui était bien.

Comment s’est déroulée l’opération?

La chirurgie s’est vraiment bien passée, sans problèmes ni complications.

C’était un mardi, et je suis rentrée chez moi le samedi. Je pense qu’on m’aurait gardé une nuit de plus, mais je n’arrivais pas à dormir. C’était bruyant et inconfortable. Je me suis dit que ça irait mieux dans mes propres affaires.

À quoi ont ressemblé les deux premières semaines à la maison?

Elles ont été dures. La douleur était plus intense que ce à quoi je m’attendais. Je m’étais cassé le pied des années auparavant, alors j’ai pensé que ça allait être similaire. Mais l’acétaminophène qu’on m’a donné n’a pas vraiment atténué la douleur la première semaine. C’était plutôt pénible, mais j’étais heureuse d’avoir du soutien.

En plus, mon sommeil n’était pas vraiment réparateur. Je fermais les yeux, mais j’avais l’impression d’être complètement éveillée. Aussi, je n’arrivais pas à me concentrer à lire ou à faire des choses que j’aime comme des casse-têtes en ligne.

Durant les 10 premiers jours, j’étais un peu dans les vapes; puis, les choses se sont améliorées, et j’ai senti que je redevenais moi-même.

Qu’avez-vous fait pour vous remettre sur pieds?

Le programme de l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa a été très utile. Deux jours après son congé de l’hôpital, on commence à marcher un certain nombre de minutes deux fois par jour. Si ça va bien, on augmente d’une ou deux minutes par jour. J’ai commencé avec ça et quelques étirements doux qu’on m’avait recommandés. Environ deux mois et demi après la chirurgie, j’ai amorcé un programme de réadaptation cardiaque, qui comprenait des exercices, des poids et des étirements.

Comment s’est passée la réadaptation cardiaque?

J’ai choisi de suivre mes séances en virtuel avec une physiothérapeute dédiée. Nous avons eu une première rencontre Zoom pour parler de ma chirurgie et de mon alimentation. Nous avons aussi discuté de la liste d’exercices qu’on m’avait envoyée. Je lui ai posé quelques questions, et elle avait de bonnes suggestions sur les exercices à reporter — quand je ressentirais moins de douleur.

J’ai commencé à faire les exercices initiaux; puis, après environ trois semaines, nous avons eu un autre appel Zoom pour parler de comment ça allait et pour élargir la portée de certains exercices. J’ai eu un autre suivi avec la physiothérapeute après ça. Mais, comme je faisais de bons progrès, nous avons convenu qu’il n’était plus nécessaire de se revoir.

Qu’est-ce qui vous a aidée à vous rétablir?

J’étais contente d’avoir renforcé mes jambes avant l’opération. Je me sentais plus forte et plus confiante — moins inquiète — dans ma capacité à me lever.

Le programme de réadaptation cardiaque a aussi été bien, surtout pour me garder motivée. Ça m’a aidée de savoir que quelqu’un s’informerait à mon sujet : la physiothérapeute m’a vraiment soutenue et donné beaucoup de bons conseils. Elle m’a fait quelques suggestions pour m’aider à reprendre les activités que j’aime, comme le golf.

Comment allez-vous aujourd’hui?

Six mois et demi se sont écoulés depuis mon opération. Hier, j’ai joué au golf et complété mon premier parcours de 18 trous; c’était incroyable. Je ne me sens pas essoufflée du tout, ce qui est agréable, et je ne suis pas épuisée. L’année dernière, je me serais sentie vraiment fatiguée pendant les quelques jours suivants.

Pour moi, le remplacement de ma valve a été un énorme succès. Je me sens mieux que je ne l’ai jamais été depuis des années. Je vois vraiment la différence.

Quels conseils donneriez-vous à une personne avec un diagnostic de maladie valvulaire?

Avec le recul, malgré mes antécédents en soins infirmiers, je n’ai pas remarqué les premiers signes que ma valve se détériorait. Ça prend par surprise, et on pense que la fatigue est due au vieillissement ou au surmenage. On ne pense pas nécessairement que c’est lié à son cœur. Mais, c’est vraiment important de porter attention à ce qu’on ressent et de ne pas ignorer les signes subtils.

Pour les personnes ayant reçu un diagnostic récent, je tiens à préciser que j’ai vécu presque 30 ans sans problèmes après mon diagnostic initial. Grâce à la chirurgie et aux grands soins que j’ai reçus par la suite, j’ai retrouvé une excellente santé et activité physique.

Publié le 02 novembre 2026

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